De Salta à Chilecito par la ruta 40

De Salta à Chilecito par la ruta 40

Vive les vacances ! C’est ce que nous inspirent nos premiers tours de roue argentins. Marquant une rupture franche avec les pays traversés précédemment, la vie nous apparaît ici plus douce à tous égards. Bien que toujours arides, les paysages se peuplent d’arbres, de prairies, d’oiseaux. Les cactus côtoient les vignes, et les chevaux ont remplacé les lamas. Effet collatéral de la douceur du climat ? Nous croisons et rencontrons des gens plus enthousiastes, plus volubiles. On nous hèle pour savoir d’où l’on vient, on nous adresse de généreux encouragements, on nous conseille sur les plus belles routes à emprunter, …

Tout s’arrête durant les après-midi brûlants. Les volets se ferment vers 13h pour laisser place à la sieste et ne rouvrir qu’à 17. Tandis que nos montres, avancées d’une heure par rapport à la Bolivie sans avoir changé de longitude, et le climat chaud et sec de cette fin de printemps, nous offrent de longues et douces soirées.

L’Argentine, et son parfum de viande grillée omniprésent, fleurent donc bon l’été et les vacances.

Depuis Salta, une petite escapade sur quatre roues nous mène vers le nord pour parcourir la splendide quebrada de Humahuaca, inscrite au patrimoine mondial l’UNESCO. La route serpente dans un immense canyon qui remonte jusqu’à la frontière bolivienne. Bordé de montagnes sédimentaires révélant une palette de couleurs et des formes érosives incroyables, le parcours est magnifique.

 

Le 14 novembre, nous reprenons le chemin du sud. La carte indique la Dique Cabra Corral, immense lac de barrage un peu à l’écart de notre trace. La perspective de baignades rafraîchissantes nous incite à nous dérouter. Arrêt au camping Punta del Mar qui nous accueille au bord de l’eau dans un cadre sauvage splendide, au cœur de montagnes vertes. C’est notre premier vrai camping avec des douches, des sanitaires et, évidemment, un barbecue par emplacement.

Ce cadre idyllique sera l’occasion d’une journée de pause en compagnie de Laura et Geronimo, deux jeunes cyclos argentins qui viennent d’entamer leur voyage. Notre niveau d’espagnol s’améliorant, nous passons de bons moments à discuter.

Ils nous font découvrir le maté que les argentins boivent ou partagent du matin au soir. Herbes et eau chaude dans un petit récipient en forme de calebasse, et il n’y a plus qu’à aspirer l’infusion au moyen d’une petite paille métallique. C’est chacun son tour, et c’est bon.

 

Nous suivons ensuite la quebrada de Las Conchas dans un décor de sables et d’argiles rouges. Les phénomènes d’érosion y sont particulièrement spectaculaires. On s’attendrait à voir débouler cow-boys et indiens à chaque virage.

Cafayate marque l’entrée de la région vinicole d’altitude du nord-ouest argentin. Bourg dynamique, vivant, installé dans un décor superbe où les alignements de ceps, émaillés de cactus cardones esseulés, se répandent dans la vallée jusqu’aux pieds des montagnes.

 

C’est là que notre itinéraire rejoint la mythique ruta 40 qui traverse l’Argentine du tropique du capricorne au détroit de Magellan sur près de 5.000 km. Nous en parcourerons une petite section jusqu’à Chilecito. Des étapes physiquement faciles, faibles dénivelées, longues lignes droites, à condition que le vent ne s’en mêle pas trop.

À l’ombre d’un arbre nous y rencontrons Maud, une rochelaise partie seule d’Alaska il y a quelques mois. Très sympa, passionnée de nature et de voyage, elle sera une compañera de route idéale pendant trois jours. Ça n’est pas la première fois que nous croisons des jeunes femmes voyageant seules au long cours sur leur vélo. On doit dire que ces filles nous impressionnent !

Au delà de Santa Maria les vignes perdent pied et le paysage se désertifie à nouveau. Les montagnes s’assèchent, les caroubiers recouvrent les plaines formant un paysage de « bush » sec et immobile, et les villages s’espacent d’une centaine de kilomètres. Nous retrouvons des sensations de solitude dans ces espaces immenses et désolés, où le soleil et le vent nous rappellent à notre insignifiance.

Ce soir, après avoir bataillé une bonne partie de la journée avec de fortes rafales, nous trouvons refuge dans une minuscule chapelle aux côtés des reliques et des offrandes. Un campement idéal à l’abri des éléments qui continueront à bousculer les arbres toute la nuit.

 

A Belén, nous quittons Maud, et poursuivons en visitant au passage les ruines d’El Shinkal, capitale Inca du Sud de l’empire. Encore un site magnifique choisi par ces constructeurs et politiques hors pair pour organiser et gérer leur immense royaume.

Un détour par le petit village de Chañarmuyo nous donne l’occasion d’une étape de « luxe » à la Bodega (domaine viticole) Payman…Hier nous campions au milieu des enfants dans le square du petit village d’Alpasinche, ce soir, nous profitons d’un bon restaurant et de la piscine avec vue incroyable sur le vignoble. On s’amuse et on affectionne ce grand écart que nous accorde quelquefois notre itinérance.

Cette petite infidélité à la ruta 40 dans les contreforts de la Sierra Famatina par une jolie route vallonnée nous fait retrouver le plaisir d’un peu de relief et de sinuosité. Les montagnes nous manqueraient-elles déjà ?

 

Nous rallions enfin Chilecito, notre ultime étape nord-Argentine avant un grand saut de puce en bus qui nous transporte à Mendoza, puis Santiago du Chili où nous avons rendez-vous le 2 décembre avec les parents et la tante de Céline.

3 réactions au sujet de « De Salta à Chilecito par la ruta 40 »

  1. J’adore le petit lama caché qui risque de se faire pisser dessus par le grand lama.
    Ici rien de nouveau : Numerobis est toujours au chaud.
    Gros bisous

  2. Caramba!!!!!!!
    Il était temps d arriver en argentine……vu de Paris
    Vous avez perdu. Pas mal de kilos …..la viande argentine , n est pas une légende !!!!!!
    Asado et vino tinto pour les aventuriers !!!!
    Merci pour ces chouettes nouvelles …..
    Abrazo fuerte
    Christian

  3. Quel bonheur de vous lire. En parcourant ces lignes, nous aussi nous sentons sur nos visages le vent frais, le vent du matin. Celui-là même qui souffle au sommet des grands pins. Ah quelle joie ce vent qui souffle.
    Oui mes amis ! Allons dans le grand vent !
    Lequel ? Ah oui ! Le vent frais, le vent du matin, ….

Les commentaires sont clos.

Les commentaires sont clos.